Véhicules autonomes: des solutions qui tiennent la route

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Society’s pivot point on self-driving cars

En 2017, 40 000 personnes ont perdu la vie sur les routes aux États-Unis, et on sait qu’environ 94% des accidents de la route sont causés par une erreur humaine. Si quelqu’un trouvait un moyen de réduire le nombre de décès à 20 000, il recevrait sans doute un prix Nobel. Mais lorsqu’il s’agit de véhicules autonomes, chaque fois qu’il y a un accident, médias et législateurs montent aux barricades en criant: «Regardez, ça ne fonctionne pas!» Il serait profitable de remettre les choses en perspective en ce qui a trait à la sécurité de la voiture autonome. Lors du dernier sommet Movin’On, Don Civgin d’Allstate, Young Tae Kim du Forum international des transports et Leon He de Huawei se sont joints à Joanna Kerr de Greenpeace pour discuter du décalage entre les avantages prévus des véhicules autonomes et l’opinion publique.

Les véhicules autonomes comportent de nombreux avantages et se retrouveront bientôt sur nos routes. La question, c’est comment? En effet, de nombreux systèmes doivent changer pour que ce soit possible: fabricants d’équipement, fournisseurs de données, gouvernements, instances régulatoires, parkings, systèmes financiers, assurances, etc. «On ne parle pas de petits ajustements technologiques, affirme Don Civgin, on parle de changer la vie des gens.»

« On ne parle pas de petits ajustements technologiques, on parle de changer la vie des gens » - Don Civic

 

Aligner les objectifs

Selon Don Civgin, le système de transport doit changer et cela se produira plus tôt que tard, mais de façon désordonnée. Pour rassembler toutes les parties prenantes, les organisations doivent revoir leurs façons de faire. «Vu la façon dont le système fonctionne actuellement, indique-t-il, les objectifs ne sont pas alignés; l’économie n’est pas alignée; tout le monde poursuit quelque chose de différent. Pour avancer, il faut se mettre ensemble et penser au-delà des objectifs immédiats.»

 

Les changements gouvernementaux, souvent plus lents que la technologie

Pour faire changer les choses en matière de mobilité, il faudra que plusieurs organisations complémentaires se mobilisent. En tant que société, nous devons exiger davantage de ces différents acteurs afin qu’ils fassent preuve de leadership et commencent à prendre des mesures concrètes.

Young Tae Kim prédit que les principales contributions proviendront des entreprises les plus innovatrices, car dans le secteur privé, le changement institutionnel a toujours été plus lent que le développement technologique. Il ajoute qu’il importe de maintenir le rythme des actions collectives, mais qu’au final, c’est aux gouvernements de combiner ces efforts et d’établir des règlements et des normes. «Le secteur privé joue un rôle important, mais ce sont les décideurs politiques qui devraient changer le système», estime-t-il.

« Le secteur privé joue un rôle important, mais ce sont les décideurs qui devraients changer le système. » - Young Tae Kim

 

Des entreprises privées transforment les données en solutions

Allstate et Huawei démontrent que les intérêts privés peuvent aussi passer de la parole aux actes lorsqu’il s’agit de collaboration.

Huawei a invité ses partenaires à se joindre à elle dans le cadre d’un lab collaboratif pour trouver des solutions à différents enjeux, comme la conciliation des divergences entre les normes et les réglementations (qui pourraient fausser la lecture des données dans les véhicules électriques, par exemple).

Au fil des ans, Allstate a recueilli 35 milliards de kilomètres de données sur la conduite, qu’elle a analysées afin d’essayer de prévoir les changements dans l’industrie, dans l’espoir de déployer un nouvel écosystème. Puisque les données seront la pierre angulaire de la collaboration entre les différents groupes concernés, Allstate a créé Arity, une plateforme de partage de données qui aiguille leurs partenaires – comme Uber et Lyft – et les aide à mieux évaluer les risques.

 

Il n’y a rien comme les tests

Singapour et les Pays-Bas se classent au premier rang de l’indice de préparation à l’arrivée véhicules autonomes (AVRI) de KPMG, grâce à leurs scores aux quatre piliers: Technologie et innovation, Infrastructure, Politique et législation et Acceptation sociale. Évidemment, tous les piliers sont codépendants, mais l’aspect d’exposition à la technologie semble être important. Alors que la ville-état de Singapour est essentiellement une zone d’essai à part entière – la majeure partie de la population est exposée quotidiennement à des voitures autonomes – aux Pays-Bas, environ 3/4 de la population semble être en contact régulier avec des véhicules autonomes. Ce pourrait être une idée intéressante sur la façon d’obtenir l’adhésion des gens: aller plus loin que dire que les dangers sont limités et commencer à le montrer.

Cet article est extrait des Notes de Movin’On. Pour davantage de contenu à propos de la mobilité durable, abonnez-vous à notre newsletter.

 

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