Propre, gratuit, responsable: 3 exemples inspirants pour la Journée zéro émission

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Le Costa Rica produit de l’hydroélectricité, mais aussi de l’énergie solaire, éolienne, de biomasse et géothermique.

 

Trois ans après la COP21, 85 % de la population mondiale vit dans des régions où les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé ne sont pas respectées, entre autres à cause des émissions liées à nos modes de transport. De plus, le risque de voir le nombre de propriétaires de voitures doubler et le transport de marchandises quadrupler d’ici 2050 est encore très élevé. Il reste donc énormément de travail à faire pour mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat visant une économie zéro émission nette.

Question de souligner la Journée zéro émission du 21 septembre, voici des exemples inspirants d’un pays, d’une ville et d’une entreprise qui ont pris des mesures concrètes pour éliminer les émissions de GES et de particules.

 

Propre comme au Costa Rica

En 2007, le gouvernement costaricain s’est engagé à devenir carboneutre, et si la date visée ne fait toujours pas l’unanimité, l’objectif a été soutenu par plusieurs administrations successives.

Pour y arriver, le pays doit relever son prochain grand défi : passer du pétrole à l’électricité pour le transport. Mónica Araya de Costa Rica Limpia, un regroupement citoyen qui fait la promotion de l’énergie propre, est à la barre de ce changement de culture majeur. Lors du Sommet Movin’On 2018, elle a identifié trois principaux axes de travail pour tout pays désireux d’atteindre la cible zéro émission :

1- Technologique : Développez les nouvelles technologies et identifiez les problèmes d’ingénierie et de technocratie. Élaborez une feuille de route démontrant comment vous comptez parvenir à la carboneutralité.

2- Esprit d’équipe : Trouvez des ambassadeurs, des adeptes de la première heure, des élus réceptifs et des entreprises pour vous soutenir. Rassemblez des gens prêts à remettre en question les façons de faire traditionnelles et à travailler ensemble pour établir de nouvelles normes.

3- Opinion publique : Consultez la population, déboulonnez les mythes, générez de l’enthousiasme et assurez-vous d’intégrer les nouvelles solutions à la vie des gens. Aucun retour en arrière possible.

 

« Pour devenir un pays sans combustible fossile, il faut que les gens y croient. Il faut intégrer cette vision dans la vie de tous les jours. » – Mónica Araya

 

Gratuit comme à Dunkerque

Depuis le 1er septembre 2018, les transports en commun sont totalement gratuits tous les jours, pour tous à Dunkerque. Le maire Patrice Vergriete a mis en œuvre cette mesure après deux ans d’essai du transport en commun gratuit les samedis et dimanches (ce qui a entraîné une augmentation de 78 % de l’utilisation le dimanche, selon Le Monde). Avec plus de 200 000 habitants, c’est la plus grande ville européenne à avoir pris cette initiative.

Les bus gratuits de Dunkerque en quelques chiffres :

  • la vente de titres de transport représentait 10 % du coût du transport en commun et 2 % du budget total de la ville, pour 4,5 millions d’euros par an
  • la modernisation des services (nouveaux bus, réfection des infrastructures, wifi) coûte entre 1,5 et 2 millions d’euros par an
  • les 6 millions d’euros en manque à gagner sont compensés par une taxe transport pour les entreprises

Au-delà des coûts, la satisfaction des usagers est l’un des principaux objectifs de ce changement de cap. Avec des solutions de transport gratuites, confortables et efficaces, les Dunkerquois pourraient bien être tentés de laisser leur voiture à la maison. On ne peut que rêver à l’impact sur le trafic et les émissions de CO2. Et, tant qu’à rêver, on peut bien se demander: quelle ville devrait emboîter le pas ?

 

Responsable comme Engie

Selon la PDG d’Engie, Isabelle Kocher, qui est montée sur scène à Movin’On 2018, plus une entreprise est responsable, plus elle est performante.

Récemment, un choix structurant s’est imposé chez Engie : réduire la taille de l’entreprise en cessant les activités incompatibles avec leurs valeurs en termes de durabilité, ce qui représentait 20% du revenu de la compagnie. En deux ans, cette décision a entraîné la vente de ces activités non compatibles pour 15 milliards d’euros, ce qui a permis de réinvestir ces sommes dans des solutions intégrées et positives comme la mobilité verte. Depuis, le groupe est plus profitable et a acquitté une dette de 8 milliards d’euros.

Suivant cette logique, Engie a pris la décision de baisser les dividendes afin de miser sur la croissance plutôt que sur le rendement. Résultat : l’entreprise a connu une croissance de 5 % en 2017, soit une augmentation nettement supérieure à celle des autres entreprises de services publics.

En réduisant les solutions énergétiques polluantes, Engie a prouvé que les valeurs durables et la performance peuvent aller de pair.

 

« Nous avons le choix de faire partie du problème ou de la solution. Nous avons décidé de faire partie de la solution. » – Isabelle Kocher

 

Les citoyens, les villes, les entreprises et les pays font chaque jour des choix qui ont un impact sur les émissions de CO2 et d’autres particules. En cette Journée zéro émission, pourquoi ne pas mettre en valeur les personnes et les organisations qui font bien les choses et inspirer les autres à faire des choix conscients et positifs ?

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